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Ce qui devrait nous intéresser le plus dans le drame électoral haïtien, c’est l’absence ou le retrait progressif des intellectuels et des cadres de la scène électorale. Les élections semblent ne plus intéresser ceux qui ont vraiment quelque chose à proposer à la nation, laissant ainsi la voie libre à ceux qui ont pillé le denier public, aux incapables et aux idiots utiles.

Excepté quelques rares candidats, je repère parmi ceux qui se dessinent à l’horizon électoral trois catégories :

Les sanctionnés:

Les incapables:

Les idiots utiles:

Il est vrai que les sanctionnés ne sont pas condamnés. Mais ils ont été aux commandes et leurs bilans sont dévastateurs. On ne peut rien espérer d’eux, parce qu’ils sont aussi les causes du malheur haïtien. À leur mauvaise gestion passée vient désormais s’ajouter le poids des sanctions internationales.

Les incapables
Comme je l’ai mentionné plus haut, le retrait des intellectuels de la scène électorale a favorisé l’émergence d’un ensemble d’incapables qui polluent la vie politique du pays. Ce sont des gens impréparés qui veulent assumer des responsabilités bien au-dessus de leurs compétences et de leur expérience. C’est à se demander si les élections ne sont pas devenues un jeu d’enfant, sans enjeux pour l’avenir du pays. Alors qu’autrefois les campagnes électorales étaient un espace d’idées où des politiciens préparés venaient débattre de leur idéologie et de leur programme, la scène est aujourd’hui récupérée par des amateurs. En dehors de tout débat d’idées, ils préfèrent vociférer des slogans à longueur de journée. Peut-on trouver des gens capables parmi ces incapables ?

Les idiots utiles
Ce sont ceux qui participent au jeu électoral tout en faisant, sans le savoir, le travail d’un clan politique. Ils ont été choisis pour faire des élections un cirque où la confrontation d’idées n’a pas sa place.

Par rapport à ces constatations, je nourris un grand doute quant à l’avenir du pays. Les élections sont les baromètres de la vie démocratique. Si elles sont ignorées par la classe intellectuelle, l’avenir est voué aux affres de l’incertitude. Avec qui va-t-on constituer une nouvelle législature qui ne soit pas une version modifiée de la 50e ? La population électorale a-t-elle les moyens politiques de choisir ses représentants avec conviction ? Aura-t-elle seulement le choix entre plusieurs offres politiques viables et valables ?

Je ne suis pas un fataliste. Cependant, ce qui se dessine en Haïti en termes de profils de candidats n’augure rien de bon pour l’avenir. Il va nous manquer la compétence, l’intégrité et l’expérience, lesquelles sont pourtant indispensables pour aborder le futur.

James Marc Donald ORPHÉE