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Introduction

             Election, ce mot générique constitue un des piliers des démocraties modernes. Par elle les électeurs exercent une forme de droit leur permettant d’orienter leur avenir et celui de leurs cités dans la voie tracée par le projet de sociétale proposé par le candidat adopté. Cette démarche apparemment juste, rationnelle et pratique tire ses origines à Athènes dans la Grèce antique. Selon le cadre normatif haïtien le droit de vote est garanti dans l’article 52.1 de la constitution haïtienne. Le vote en lui-même est un acte. Cet acte est la manifestation d’une volonté ou d’un choix lors d’une consultation au sein d’un corps politique, d’un collège électoral, d’une assemblée délibérante, en vue d’une élection, d’un référendum ou d’une prise de décision[1]. Cˈest dans un contexte post-Duvalieriste, que le peuple a renoué avec cette pratique lors des élections de 1990. Néanmoins, triste est de constater que près de trente-cinq (35) après les première élections  « démocratiques »  cette pratique a du mal à trouver pas son applicabilité dans le pays. Ainsi, afin de réfléchir davantage sur cette thématique la question qui suit s’impos : Dans quelle mesure la tenue des prochains scrutins peut-elle constituer un levier de sortie de crise et favoriser la reconstruction institutionnelle d’Haïti ?

Quid et frizz historique du système électoral haïtien

             L’élément central d’une élection c’est le vote. Ce dernier se définit comme étant la manifestation d’une volonté ou d’un choix lors d’une consultation au sein d’un corps politique, d’un collège électoral, d’une assemblée délibérante, en vue d’une élection, d’un référendum ou d’une prise de décision[2]. Dans le système électoral haïtien les organismes électoraux en l’occurrence du CEP, priorisent le système majoritaire uninominal parmi les deux (2) grandes familles de systèmes de vote  N’en déplaise aux défenseurs de la « transition démocratique» de 1990 à  nos jours  il y a eu que cinq (5) présidents élus dont deux (2) sont élus à deux (2) reprises (Aristide et Préval)[3]  qui ont pris la magistrature suprême du pays sur environ une dizaine d’autres provisoires. Pendant cette période sur l’ensemble des élections organisées dans le système électoral haïtien de 1990 à 2011, seules deux (2) d’entre elles peuvent être considérées comme acceptable[4]. Depuis ces scrutins organiser par la transition menée par Ertha Pascal TROUILLOT le nombre d’électeurs diminue peu à peu.

Faiblesses du vote traditionnel dans le système électoral actuel

            Ricardo AUGUSTIN a identifié trois (3) grands points des faiblesses du système électoral actuel qui sont: Les déficiences du mode de scrutin utilisé, les problèmes d’infrastructures et de superstructures, la problématique d’autonomie et d’indépendance du CEP ainsi dans cette section nous allons les explore[5].

Les déficiences du mode de scrutin utilisé

           Dans le cas du vote traditionnel tel que nous l’expérimentons depuis plus de trente-ans cela multiplie par deux (2) les risques de fraudes et de corruption. D’autant plus que le pays fait face à des difficultés économiques cela parait trop couteux et inapprécié à notre réalité. L’incapacité des entreprises haïtiennes à fabriquer les matériels utilisés aux élections constituent un manque à gagner pour le pays. Aux élections de 2015 les matériels non-sensibles (urnes et isoloirs) ont été fabrique par une entreprise privée en Afrique du Sud, les matériels sensibles (bulletins de votes, procès-verbaux et feuillage de comptage, etc..) ont été fabriqué par l’entreprise Al Ghurair à aux Émirats arabes unis pour la somme de 2 552 556 dollars américains. En se référant sur les données du CEP en 2009 le coût du vote valide en Haïti qui est de 44.00 dollars américains parait est exorbitant en comparaison avec le Brésil lors des élections de 2010 où le coût du vote valide était 20 fois inferieur soit 2.20 dollars américains.      

Le manque d’infrastructures et de superstructures

            Tout au long du déroulement du processus électoral il est flagrant de constater l’incapacité de l’organisme électoral. Notamment en ce qui a trait aux actes de vandalisme, en effet le CEP ne dispose pas des moyens ni de ressources nécessaire pour sécuriser le processus. Privée de pouvoir et de contrôle sur la PNH et l’absence des Forces Armées d’Haïti (FAd’H). De manière informelle on l’insécurité s’auto-investit dans le processus électoral du début jusqu’au fin.

Le problème d’autonomie et d’indépendance du CEP

            Bien que la constitution de 1987 et le décret du 13 mai 1987 garanti l’indépendance du CEP mais dans la réalité électorale c’est autrement. Administrativement et économiquement le CEP ne gère pas grand-chose. Pour ses dépenses et fonctionnement il dépend du ministère de l’économie et des finances, pour ses dépenses liées aux opérations électorales il dépend d’une institution étrangère le PNUD et d’autres institutions internationales pour la logistique et la sécurité électorales.  

Conclusion

           En somme, ce travail fait un état des lieux du système électoral actuel du pays. En ce sens pour guider cette approche une frise historique a été faite sur une période de vingt (20) ans c’est à dire élections allant de 1990 à 2011. Ce qui a permis de voir les faiblesses du vote traditionnel, analyser les déficiences du mode de scrutin utilisé, le manque d’infrastructures et de superstructures  et le problème d’autonomie et d’indépendance du CEP. Ainsi au regard de cet article il parait  incertain  que la tenue des prochains scrutins puisse constituer un levier de sortie de crise et favoriser la reconstruction institutionnelle d’Haïti. Plusieurs éléments sont à la base de cette déduction notamment l’ingérence de la communauté internationale, l’insécurité et le manque de confiance dans le CEP.

 Bibliographie                       

[1] AUGUSTIN, Ricardo., Voter autrement en Haïti Le vote électronique au cœur de la réforme électorale, Port-au-Prince, C3 Editions, 2020, pp. 20.

[2] AUGUSTIN, Ricardo., Ibid.

[3] Les présidents élus en Haïti de 1988-2017, MANIGAT, Leslie F., ARISTIDE, Jean Bertrand, PRÉVAL, René Garcia, MARTELLY, Michel Joseph & MOÏSE, Jovenel.

[5] AUGUSTIN, Ricardo., Ibidem.