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PORT-AU-PRINCE – Ce mercredi 1er avril 2026 marque un tournant décisif dans la crise sécuritaire qui paralyse Haïti. Un premier contingent de 750 soldats et policiers tchadiens a officiellement foulé le sol haïtien pour intégrer la nouvelle Force de Répression des Gangs (FRG).

Un renfort de poids pour une capitale en siège

Alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) peine à contenir l’expansion des groupes armés qui contrôlent désormais plus de 80% de la zone métropolitaine, l’arrivée des troupes tchadiennes est perçue comme un souffle d’oxygène. Réputés pour leur grande expérience du combat asymétrique et leur efficacité en milieu hostile sur le continent africain, ces hommes ont pour mission de mener des opérations de haute intensité là où les précédentes initiatives internationales ont montré leurs limites.

La montée en puissance de la FRG

Ce premier groupe n’est que l’avant-garde d’un dispositif bien plus vaste. Selon les accords internationaux supervisés par les Nations Unies, les effectifs tchadiens monteront en puissance pour atteindre un total de 5 000 hommes d’ici le 30 septembre 2026.

La Force de Répression des Gangs (FRG), qui succède à la mission menée par le Kenya, dispose d’un mandat plus robuste. L’objectif est clair : briser les verrous imposés par les chefs de gangs sur les axes stratégiques et les infrastructures vitales du pays, comme le port de Port-au-Prince et les terminaux pétroliers.

Entre espoir et scepticisme

Si les autorités haïtiennes se félicitent de cette « solidarité Sud-Sud », le défi reste immense. Les soldats tchadiens, habitués aux grands espaces sahéliens, devront s’adapter rapidement à la topographie complexe des quartiers denses et des ruelles de la capitale haïtienne.

« L’efficacité de cette force se mesurera à sa capacité à rétablir la libre circulation et à protéger les civils sans commettre les erreurs du passé », commente un observateur local.

Après l’échec relatif des derniers contingents internationaux, les yeux du monde entier — et surtout ceux des Haïtiens — sont désormais rivés sur ce déploiement. La réussite de la mission tchadienne est désormais la condition sine qua non pour envisager une stabilisation politique et l’organisation d’élections tant attendues.